Quelles sont les conséquences de la grossophobie chez les personnes qui en sont victimes ?

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En 2013, la Fashion Week qui s’est déroulée à New York a surpris le public avec LE premier défilé de mannequins plus-size depuis 70 ans. Cependant, malgré cette petite révolution, les diktats de la mode et de la beauté continuent aujourd’hui de célébrer la sveltesse du corps. Si bien que l’on pointe toujours du doigt les personnes qui font du XXL. Cette discrimination ne se déroule évidemment pas uniquement dans les boutiques de vêtements, mais pratiquement partout. Dans la rue, dans les restaurants, dans les transports en commun, chez le médecin, à l’école et même à la maison, plus d’une personne en surpoids, obèse ou qui présente simplement quelques rondeurs est victime de grossophobie. Mais sait-on seulement ce que cette stigmatisation envers ces individus entraîne ? Ce qui est sûr, c’est que les conséquences ne sont réellement pas favorables. Voyons justement ce sujet de plus près dans les lignes qui suivent.

La grossophobie : à la racine de l’altération de l’estime de soi

« Fais donc du régime pour perdre du poids », « Nous n’avons pas ce vêtement en taille 48 », « On voit tes bourrelets inesthétiques à travers tes vêtements »... Ce ne sont que quelques exemples de propos grossophobes que les victimes entendent fréquemment. Les remarques peuvent se répéter ou être si offensives qu’elles finissent par s’ancrer profondément en la personne. Résultat ? Celle-ci n’arrive plus à assumer son corps. Au contraire, la victime va horriblement avoir honte de ses kilos en trop. Cela la poussera à vouloir se cacher par tous les moyens pour éviter d’entendre à longueur de journée les réflexions traumatisantes sur sa corpulence. Elle va par exemple éviter les endroits bondés, ne portera que des vêtements amples ou se cloitrera complètement chez elle.

La grossophobie peut entraîner une dépression grave

À cause de la stigmatisation de la société à son égard, une personne obèse ou en surpoids peut plonger dans la dépression. En effet, les discriminations entraînent un choc émotionnel suivi d’une tristesse profonde chez la victime. Cette dernière est un symptôme de base de la dépression. Pourtant, la personne va souvent internaliser ses émotions. Et même si elle essaie de partager son vécu avec un tiers, elle risque de se blesser encore plus. Pour cause, les autres ne comprennent pas forcément la situation et risqueraient même d’aggraver le cas à travers de la grossophobie indirecte. Par exemple, en disant « Tu devrais te mettre au régime pour faire taire les autres », la victime pourrait le prendre mal.

Après la tristesse vont ensuite venir les autres symptômes de la dépression : mauvaise image de soi, perte d’intérêt, fatigue chronique. Dans le pire des cas, la personne pourrait présenter des pensées suicidaires. Selon le Mental Health Foundation, 13 % des personnes victimes de body shaming — dont la grossophobie — ont déjà pensé au suicide.

Un risque de prendre encore plus de poids

La grossophobie entraîne une énorme pression chez les victimes. En effet, s’exposer perpétuellement aux propos dégradants de la société est forcément stressant. Ce mal-être risque ensuite d’accentuer les troubles alimentaires de la personne. Pour cause, la personne va chercher du réconfort dans la nourriture pour apaiser son anxiété. Elle tombe alors dans un cercle vicieux, car elle risque de prendre encore plus de poids à cause de l’accentuation de ses compulsions alimentaires.

En outre, une simple petite envie pourrait même se transformer en binge eating (hyperphagie boulimique). Ces faits sont prouvés par les recherches publiées dans le Canadian Medical Association Journal, en 2010. Les études ont révélé que la stigmatisation des personnes en surpoids rendait ces dernières encore plus corpulentes.

Différents soucis au niveau professionnel

C’est encore méconnu, mais la grossophobie présente des impacts dans le monde du travail. En effet, il semble bien que les personnes obèses ou en surpoids qui sont au chômage aient du mal à trouver du travail à cause de la sélection durant l’embauche. Une étude sur les discriminations à l’embauche menées par Défenseur des droits et l’OIT renforcent ces faits. Effectivement, cette recherche confirme que 20 % des personnes obèses — dont plus de femmes que d’hommes — ont été victimes de discrimination lors de l’embauche.

En parallèle à cela, les individus de grande taille qui occupent déjà un poste ont du mal à obtenir des promotions. On mentionnera spécialement les postes qui impliquent des contacts humains (réceptionniste, chargé de clientèle, etc.). Enfin, les nouveaux travailleurs en surpoids auraient quelques difficultés à s’intégrer dans l’entreprise. Ceci, car les autres collaborateurs les mettraient de côté.

La raison de toutes ces discriminations s’expliquerait peut-être du fait que la société considère les personnes de grande taille comme laides, fainéantes ou encore en mauvais état de santé.

Grossophobie médicale : une situation qui met en péril la santé du patient

On constate fréquemment la grossophobie au niveau des corps médicaux, notamment les médecins. En effet, lorsqu’une personne en surpoids ou obèse vient consulter dans le cabinet d’un soignant, celui-ci met souvent le poids du patient en tête de liste des facteurs de sa pathologie. Ce qui n’est évidemment pas forcément le cas. De ce fait, il arrive que le médecin néglige les soins à prodiguer à son patient. Il n’est en effet pas rare qu’un médecin recommande à son patient de surtout perdre du poids pour mieux se porter.

En outre, une étude publiée dans Obesity Reviews en 2015 a révélé que de nombreuses femmes de grande taille hésitent à passer dans les structures dédiées pour réaliser des tests de dépistage de cancer parce que les stigmatisations sur leurs rondeurs les freinent. Pour certaines victimes de la grossophobie, c’est le cabinet du médecin lui-même qu’elles préfèrent éviter à cause des propos mal placés du soignant.

Au bout du compte, nous pouvons dire que la société obésogène où nous vivons aujourd’hui est aussi celle qui condamne pourtant les personnes obèses. On a évoqué en début d’article la culture de la minceur, mais il faut souligner que la multiplication des industries de junk food et le mode de vie d’aujourd’hui constituent des facteurs qui font augmenter le taux d’obésité. Et avec de plus en plus de personnes en surpoids, la grossophobie va continuer à gagner de l’ampleur. Le plus triste reste que malgré toutes les conséquences mentionnées dans notre article, la stigmatisation des personnes en surpoids constitue une discrimination fortement négligée. Eh oui, on ne place pas la grossophobie au même titre que le racisme ou l’homophobie. Il serait peut-être temps de changer les choses ?

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