Pourquoi certaines personnes sont grossophobes ?

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Chaque année se déroule une journée mondiale de l’obésité, un phénomène qui touche plus de 800 millions d’individus dans le monde. Des personnes qui sont aussi rongées silencieusement par un autre mal : la grossophobie. De quoi s’agit-il ? D’où vient cette phobie des "gros'' ? Éléments de réponse.

La grossophobie : qu’est-ce que c’est ?

Pour comprendre les raisons qui expliquent la grossophobie, il faut d’abord connaître de quoi il s’agit.

La grossophobie est une aversion pour les personnes en surpoids. Elle fait référence à des comportements hostiles, lourds de préjugés, de jugements et de haine envers les personnes grosses, en surpoids ou obèses. C’est une discrimination qui est malheureusement omniprésente dans la vie de milliers de personnes en rondeur.

La grossophobie peut se manifester de différentes façons. Si elle peut être intériorisée par l’individu lui-même (honte de soi, mauvaise estime de soi, culpabilité), sa forme la plus ordinaire, mais la plus violente, apparaît dans les relations interpersonnelles à travers des humiliations, des insultes, des inégalités envers une personne voluptueuse. Elle peut s’exprimer par le fait de :

  • refuser d’embaucher l’individu à cause de son poids ;

  • de dévisager quelqu’un parce qu’il mange un hot-dog ;

  • considérer la personne comme lâche ou irresponsable ;

  • donner des conseils pour maigrir ;

  • etc.

Mais ce racisme anti gros peut aussi se produire d’une manière indirecte. Tel est le cas des actes discriminatoires relatifs aux équipements non adaptés dans le milieu médical, du transport, des restaurants...

Pour quelles raisons certaines personnes discriminent les gros ?

Le culte de la minceur

Le culte de la minceur est le fondement même de la grossophobie. Depuis un demi-siècle, les médias et les industries de la mode prônent un standard de beauté unique et uniforme : celui d’une femme mince et féminine ou d’un homme musclé et viril. Aujourd’hui encore, les réseaux sociaux, les couvertures de magazines, les films continuent à véhiculer cette norme de représentation des femmes et des hommes. On en finit par croire que tout ce qui est mince est beau, et que gros est synonyme de laideur. Pourtant, cet idéal social change selon les cultures et les époques. Si dans notre société actuelle, la rondeur est dévalorisée, ce n’était pas le cas à la Renaissance où elle était un symbole de beauté, de richesse et de pouvoir.

La diabolisation des personnes en surpoids

À notre siècle, les personnes qui présentent de l’embonpoint sont sujettes aux préjugés et aux moqueries des autres. Malgré les causes multifactorielles de l’obésité, on leur rejette la responsabilité de leur poids corporel en les considérant comme paresseuses, faibles d’esprit et immorales. La personne en surpoids va alors intérioriser la grossophobie en se culpabilisant, puis finalement, en se dénigrant et en détestant son corps.

Par ailleurs, le poids est pris comme étant un indicateur de classe sociale. De nos jours, on a tendance à penser que les personnes deviennent obèses parce qu’elles manquent de moyen pour se nourrir sainement ou pour pratiquer du sport.

En outre, ces discours haineux alimentent une véritable peur de la grosseur chez beaucoup de personnes. Par peur de grossir et ne plus correspondre aux normes sociales, elles méprisent les personnes en rondeur. Dans le cas de la grossophobie, la haine et la discrimination envers les gros seraient donc une expression de la peur de devenir soi-même gros.

Le poids et la santé

S’il y a un mal que l’on combat ardemment dans notre société, c’est l’épidémie d’obésité. De nos jours, avoir quelques kilos en trop est considéré comme une maladie à guérir tandis qu’avoir une silhouette fine et mince est synonyme de bonne santé. Dans cette logique, on a tendance à croire que l’on devrait perdre du poids pour rester en pleine forme. Beaucoup se mettent alors à adopter des régimes stricts et à suivre des programmes sportifs intenses pour prendre soin du corps. Une prise de poids serait automatiquement assimilée à une négligence, un laisser-aller, tandis qu’une perte de poids est systématiquement considérée comme un accomplissement.

Par ailleurs, une méconnaissance de l’obésité dans le milieu médical serait un terreau de la grossophobie. Elle nourrit des préjugés selon lesquels si une personne est obèse, c’est qu’elle mange mal ou trop et qu’elle ne pratique pas une activité physique. Pourtant, l’obésité peut être due à d’autres facteurs comme un métabolisme lent, une maladie, un traitement ou l’hérédité.

La grossophobie : une discrimination autorisée

Alors que l’homophobie, le racisme ou le sexisme sont majoritairement condamnés, la grossophobie est rarement dénoncée. Elle est présente au quotidien. Sauf les excès les plus violents et les plus explicites sont réprimandés.

Cette tolérance de la discrimination envers les personnes en surpoids pourrait s’expliquer par la légitimation médicale que l’on essaie d’en faire. L’idée selon laquelle les kilos en trop seraient mauvais pour la santé justifie la stigmatisation des personnes grosses, en pensant qu’une perte de poids serait bénéfique pour elles.

Par ailleurs, cette acceptation sociale de la grossophobie est palpable au niveau de la société. Les infrastructures publiques sont encore conçues en se référant aux mensurations d’un corps mince qui demeure un standard. Ameublement, sièges au cinéma ou des transports communs, vêtements, lits d'hôpital... Les grosses personnes éprouvent de la difficulté à trouver des équipements qui correspondent à leur gabarit.

Un phénomène sexiste

Si le diktat de la minceur concerne aussi les hommes, il touche particulièrement les femmes qui sont d’autant plus stigmatisées si elles ont quelques rondeurs. Le standard social veut que la féminité rime avec minceur. Ce qui inculque implicitement qu’une femme ne doit pas prendre plus de place qu’un homme pour ne pas mettre en danger la virilité de ce dernier. Être en surpoids va donc à l’encontre de cette règle.

La grossophobie envers soi-même

Avec autant de préjugés, d’insultes et d’humiliations, les victimes de cette discrimination finissent par se dévaloriser elles-mêmes. Cela affecte leur estime, leur confiance, voire leur qualité de vie. Certaines se renferment et tentent de s’isoler de la société. Tandis que d’autres cherchent à tout prix à maigrir, allant jusqu’à se priver d’aliments et souffrir de troubles alimentaires. Pour autant, entreprendre des régimes stricts pour mincir provoque au bout du compte un effet yoyo, soit une nouvelle prise de poids.

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