L'anorexie mentale : Qu'est-ce que c'est ?

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L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire tout comme la boulimie et l’hyperphagie. C’est une maladie d’origine psychiatrique caractérisée par un refus de s’alimenter.

Définition 

L’anorexie est une pathologie qui fait partie des troubles du comportement alimentaire (TCA). Elle touche principalement les jeunes femmes de 14 à 25 ans. Elle se caractérise par une privation volontaire de nourriture pendant plusieurs mois voir plusieurs années, entraînant une importante perte de poids. Elle est souvent liée et en réponse à des troubles psychiques. La personne atteinte d’anorexie à une image déformée de son image corporelle (dysmorphophobie) et à l’impression de toujours être en surpoids ce qui la pousse à chercher à maigrir encore et toujours plus. Cette obsession de la perte de poids passe par le contrôle strict de toutes les calories ingérées en adoptant un régime des plus restrictifs. Elle est habitée continuellement par une peur intense de prendre du poids.

Il existe deux formes d’anorexie :

  • L’anorexie restrictive : c’est la plus fréquente, la personne rejette la nourriture et mange le moins possible. Elle diminue de plus en plus ses portions, supprime des catégories d’aliments et saute des repas.

  • L’anorexie boulimique : l’anorexie mentale est parfois associée à des comportements boulimiques (20 % des personnes anorexiques), marquée par des épisodes d’ingestion compulsive d’une importante quantité de nourriture en très peu de temps suivis de comportements compensatoires inappropriés comme des vomissements. Elle ressent ensuite une culpabilité, une baisse de son estime personnelle et un dégoût d'elle même.

Quelle est la différence entre anorexie et anorexie mentale ? 

L’anorexie a pour définition la perte d’appétit, il faut cependant bien différencier l’anorexie médicale et l’anorexie mentale.

  • L’anorexie (anorexie médicale), est une perte d’appétit involontaire faisant suite à une maladie (cancer, infection, perturbation du métabolisme...), à une perturbation psychologique (dépression, anxiété, choc émotionnel…) ou à une prise médicamenteuse. La personne ne ressent plus la faim.

  • L’anorexie mentale est caractérisée par l’envie obsessionnelle de perdre du poids tout en ignorant les signaux de faim se manifestant. La personne se prive alors de nourriture volontairement tout en menant une lutte active contre la faim.

Quels sont les symptômes ? 

Les personnes anorexiques présentent de nombreuses similitudes. Elles sont pour la plupart de sexe féminin (l’anorexie masculine ne représente que 10 % des cas), l’âge de début se situe en général avant 25 ans. De nombreux signes peuvent apparaître chez la personne anorexique :

  • Elle refuse de participer aux repas familiaux

  • Elle s’impose une restriction alimentaire stricte

  • Elle a une peur intense et obsédante de prendre du poids

  • A table, elle trie les aliments, exclut les aliments riches en calories, met en place des stratégies pour que personne ne remarque qu’elle n’a presque rien mangé

  • Elle passe de nombreuses heures à scruter son corps devant le miroir

  • Elle porte des vêtements amples pour cacher sa perte de poids ou au contraire l’exhibe fièrement avec des vêtements très moulants

  • Elle n’a plus ses règles (aménorrhée) ou elles sont irrégulières (dysménorrhée)

  • Elle est hyperactive, est très investie dans sa scolarité

  • Elle fait beaucoup de sport

  • Elle se pèse souvent

  • Elle prend des diurétiques ou des laxatifs

  • Elle se fait vomir

  • Elle présente une tendance à l’isolement, et à l'hyper exigence

  • Elle a une volonté de maîtrise et de contrôle dans sa vie qui s’étend à son corps

  • Elle a une perte de poids de plus de 15 % ou un indice de masse corporelle inférieur à 17,5

  • Elle a une image déformée de son corps et ne se voit pas telle qu’elle est (dysmorphophobie)

  • Au niveau physique elle peut souffrir d’une perte de cheveux, d’une fonte musculaire, de troubles digestifs, d’une formation d’un duvet très fin le lanugo qui est caractéristique de cette maladie, de dents et de gencives abîmées si elle se fait vomir, d'une hypotension artérielle, de frilosité

Quelles en sont les causes ? 

Les causes exactes liées à l’apparition de l’anorexie mentale sont complexes. Les chercheurs mettent en avant des causes génétiques, neurologiques et psychologiques.

  • Au niveau génétique, bien qu’aucun gène n'ait encore clairement été identifié, les études montrent des facteurs de risques plus importants de développer une anorexie si une autre personne de la même famille en souffre.

  • Au niveau neurologique, les recherches montrent un dysfonctionnement dans la sérotonine qui est impliquée dans la régulation de l’appétit (sensation de faim, de satiété, de rassasiement).

  • Au niveau psychologique, on observe souvent que les personnes anorexiques ont un grand besoin de perfectionnisme, et une faible estime personnelle. Elles sont hypersensibles, ont une peur de la séparation, se sentent inférieures et manquent de confiance en elles. Elles sont obsessionnelles (perfectionnisme, rigidité, rituels, TOC…). Elles peuvent être dépressives ou avoir des troubles de la personnalité. Elles peuvent souffrir d’anxiété et avoir des pensées suicidaires.

Qui est touché par l’anorexie mentale ? 

L’anorexie mentale débute souvent à l’adolescence entre 14 et 18 ans, avec un pic à 16 ans. Rarement elle peut apparaître aux alentours de 8 ans, on parle alors d’anorexie infantile. Elle peut aussi débuter à l’âge adulte. La maladie est rare chez les garçons (on compte 9 filles pour 1 garçon). La prévalence de l’anorexie est de 1 à 2 % des femmes au cours de leur vie, et de 0,2 à 0,3 % chez les hommes. On la retrouve dans tous les milieux sociaux.

Quels sont les facteurs de risque ? 

L’anorexie démarre fréquemment au cours de la puberté, période à laquelle l’image du corps est des plus importantes. Elle a souvent comme point de départ un régime restrictif effectué volontairement pour perdre quelques kilos (la personne juge alors qu’elle a un léger “embonpoint” à perdre). Suite à la satisfaction ressentie liée à cette perte de poids et ce sentiment de contrôle, le régime ne s’arrête plus et l’obsession de la minceur commence.

On retrouve souvent une peur de grandir, d’avoir un corps de femme, et une envie de rester enfant dans le cocon familial. Par le rejet de sa féminité, elle rejette aussi sa sexualité.

L’apparition tardive de cette maladie est souvent liée à un évènement, comme un deuil, mariage, accouchement, séparation, licenciement, viol… qui peuvent être un facteur déclenchant dans l’introduction de ce trouble.

La maladie peut aussi se développer dans le cadre d’activités nécessitant un contrôle du poids comme le mannequinat, la danse classique, la gymnastique, la natation synchronisée...

Peut-on prévenir l’anorexie ? 

S’il paraît compliqué de prévenir l’apparition de cette maladie tant les facteurs sont multiples, il est évident qu’un environnement favorable et positif autour de l’apparence physique est primordial. Il est important que l’entourage de l’enfant veille à éviter toutes remarques négatives sur le poids de l’enfant, tout comme sur celui d’autres personnes, ou encore sur le leur. Il est nécessaire de cultiver une image saine autour de la nourriture. Un contrôle sur les quantités mangées par l’enfant et sur le choix des aliments en fonction de leurs apports énergétiques est aussi à éviter.

Détecter tôt la survenue d’une anorexie permet aussi de réduire le risque qu’elle évolue vers une chronicité. Au cours d’une visite médicale, les parents peuvent faire part au médecin de leurs inquiétudes au sujet du comportement alimentaire de leur enfant, le médecin averti pourra alors procéder à un diagnostic précoce s’il y a lieu.

Comment la maladie est-elle diagnostiquée ? 

Le diagnostic de l’anorexie repose sur les critères du DSM 5 :

  • Une perte de poids de plus de 15 % ou un indice de masse corporelle inférieur à 17,5

  • Une peur intense de prendre du poids favorisant l’éviction de certains aliments, les restrictions, le refus de s’alimenter, pouvant alterner avec des épisodes boulimiques. Présence de pratiques spécifiques pour éviter de prendre du poids (vomissements, prise de laxatifs, diurétiques…)

  • Une altération de la perception du poids et de l’apparence corporelle (dysmorphophobie) avec un déni de la maigreur. La personne anorexique est obsédée par son poids et panique à l’idée de grossir. Elle a le sentiment de contrôler son corps.

  • Une absence de règles (aménorrhées) depuis au moins 3 mois

Un retard de croissance peut également être retrouvé chez les adolescents. Les personnes atteintes d'anorexie peuvent aussi être hyperactives et surinvesties dans leur scolarité.

Quelles sont les conséquences sur le long terme ? 

Les complications de l’anorexie sont liées à la dénutrition et aux vomissements. Après 5 années d’évolution, ⅔ des patients sont guéris, les autres souffriront alors d’anorexie chronique pour la plupart, certaines rémissions tardives sont aussi possibles. La durée moyenne de cette maladie est de 1,5 à 3 ans. 5 à 6 % décèdent des suites de la maladie ou par suicide.

Parmis les conséquences de la maladie, on note :

  • Des troubles cardiovasculaires : troubles du rythme cardiaque, hypotension, ralentissement du rythme cardiaque

  • Aménorrhée, infertilité

  • Troubles hématologiques : anémie (baisse du taux d’hémoglobine dans le sang), leucopénie (baisse du nombre de leucocytes dans le sang), thrombopénie (baisse du nombre de plaquettes dans le sang)

  • Troubles neurologiques

  • Troubles métaboliques

  • Chute de cheveux

  • Altération de l’émail des dents

  • Troubles rénaux

  • Troubles hépatiques

  • Troubles intestinaux (constipation)

  • Ostéoporose

  • Retard de croissance si l’anorexie survient au cours de la puberté

  • Isolement, diminution des relations sociales et affectives

Comment traite-t-on l’anorexie mentale ? 

Afin de soigner l’anorexie, il est important de faire un appel à une équipe pluridisciplinaire. Lors de la première prise en charge, le médecin établit un bilan général nutritionnel et psychologique qui lui permettra ensuite d’établir le diagnostic de la maladie. La principale difficulté étant que le patient nie être malade et refuse tout traitement.

Une hospitalisation peut être faite de suite si l’indice de masse corporelle (IMC) de la personne est trop faible. Si ce n'est pas nécessaire dans un premier temps, une deuxième consultation est préconisée. Le médecin, le diététicien spécialisé, et le psychothérapeute sont intégrés à la thérapie avec pour objectif que la personne retrouve son poids et que le trouble psychologique associé soit guéri. Le traitement peut inclure la famille du patient (thérapie familiale). La thérapie comportementale et cognitive est recommandée pour les jeunes femmes ou jeunes hommes étant sortis de l’adolescence. L’objectif à court terme est une reprise de poids progressive et une réappropriation des sensations alimentaires de faim et satiété pour un retour à une alimentation saine et équilibrée. Les rechutes sont fréquentes et suite à une rémission, le suivi par des spécialistes doit être poursuivi au moins un an.

Plus une anorexie est prise en charge précocement, plus les chances de guérison sont élevées.

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